AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

 

 (zephyr) give me problems! give me work!

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
administrateur
avatar
Messages : 577
Voir le profil de l'utilisateur
Message() Ven 12 Jan - 16:22


give me problems! give me work!
zephir et madman

« My journey took me some what further down the rabbit hole than I intended and though I dirtied my fluffy white tail I have emerged, enlightened. »
Depuis combien de temps ? Depuis combien d’heure ? Combien de minute ? Combien de seconde ? Ses doigts tapotaient inlassablement le rythme sur la table, comptant ainsi chaque grain qui pouvait s’écouler. Il relevait de temps en temps le regard en direction de l’agent de police en face de lui. Mon dieu qu’il était laid. Laid parce que stupide, laid parce que pénible, laid parce qu’insistant. Le brun avait fait craquer sa nuque dans une gestuelle rêveuse et ennuyée à la fois. C’était de plus en plus difficile de tenir sur cette chaise. D’autant plus qu’elle était moins confortable que les fauteuils de son TARDIS. Il avait entendu une vague parole traverser la bouche de son geôlier. Un type un peu bouboule, sûrement dû à un excès de donuts durant la pause déjeuner. Rien que cette pensée lui avait fait étirer un sourire amusé et arrogant. Le fou avait l’air d’un enfant coincé dans le bureau de son directeur d’école. Il avait envie de sortir, mais il attendait aussi patiemment que le policier de Scotland Yard décide lui-même de le virer de la salle d’interrogatoire. Simple question de satisfaction personnelle. De toute façon, quoi qu’il dise, quoi qu’il fasse, il sera en tort. Donc autant ne rien dire et ne rien faire. Le brun levait les yeux aux cieux, vers ce magnifique plafond grisâtre qui lui rappelait qu’actuellement, il était coincé dans une salle. Il regardait autour de lui. Il se doutait bien que l’un de ces murs était trompeur et qu’on le regardait. Vitre camouflée en miroir dont il ne pouvait s’empêcher de sourire lorsque son regard croisait celui des observateurs cachés. Il ne les voyait pas, mais il sentait leurs présences, leurs attentions. Cela était largement suffisant pour lui. « Je vous le redemande, où étiez-vous dans la nuit de samedi à dimanche dernières ! ». Ouh, c’est qu’il grognait le pauvre. Le fou avait retourné son regard désintéressé vers lui, la bouche entrouverte alors qu’il faisait claquer sa langue contre le pavé. « Nul par et partout à la fois, comme voulez-vous que je vous dise où se trouver ce brave Samedi ou Dimanche. Vous n’auriez pas d’hypertension ou de diabète ? Je vous sens un peu nerveux ». Il se moquait ouvertement de lui, sursautant à la dernière phrase en tapant la main sur la table. Il ne s’était pas levé. Il était resté vautré dans sa chaise en riant à gorge déployé. Diantre, cette tête était magnifique. Un état dépité dans toute sa splendeur, suivi d’un petit frottement pour masser ses yeux. Cet inspecteur était drôle, affreusement drôle. S’il n’y avait pas ces menottes pour l’entraver, il se serait déjà écarter de la table. Il pourrait s’en débarrasser. Un petit coup de tournevis sonique et c’est réglé ! Mais non, il voulait voir la suite de cette entrevue. Encore une fois, la même question et le fou n’avait pas ménagé de jeter son regard en l’air. «Mais vous êtes sourds en plus d’être stupide ! Ça ne doit pas être facile tous les jours. Petite indice : ils courent, ils s’arrêtent, ils pilonnent, puis ils repartent. Que laissent-ils derrière eux ? ». C’est à lui de poser les questions, disait-il en tapant du poing sur la table. De quoi faire sursauter le prisonnier qui voulait bien l’être. Un sursaut accompagné d’un air ailleurs et d’un sourire sur son faciès. « Vos questions sont pénibles. Il faut bien que je contrebalance votre idiotie ». De toutes évidences, le fou ne voulait pas répondre. Pourquoi ne le voulait-il pas d’ailleurs ? Parce qu’il ne savait rien. Il faisait semblant de savoir pour les faire tourner en bourrique. Il gagnait du temps et regardait son poignet de temps à autres pour vérifier quelque chose. Or, il n’y avait rien à celui-ci. Pas de montre, ni de brassard ou encore une puce. Juste de la chair légèrement rougie à cause du frottement des menottes dû à sa gestuelle excessive. Le bouboule avait fini par quitter la salle en claquant la porte derrière lui. Et pendant une seconde, il y avait une esquisse triomphante dans le recoin des lèvres de The Madman. Bien ! Un de plus à rendre les armes, suivant ! A ce rythme, il sera sorti de cette salle avant l’heure du thé. « Pressez-vous un peu, messieurs ! Vous êtes plus lents qu’un troupeau de Judoons ! » Une fois de plus, il avait ris de bons cœurs, fier de sa petite provocation. Les sbires ne l’intéressaient pas, c’était le boss final qu’il voulait. L’inspecteur en chef, et pourquoi pas plus haut encore ! Il s’attendait à voir un grand baraqué pénétrer la pièce, mais au lieu de ça, c’était … Autre chose. Son rire s’était arrêté d’un coup, et le contraste avait été brutal. Le fou faisait une moue interrogé, presque boudeuse de voir ce type à lunette rentrer. « Allons, si vous n’avez pas l’intention de dialoguer ou de faire preuve d’un minimum de motivation, faites demi-tour je vous prie ! Je ne discute pas avec les drogués ». Accusation sans aucuns fondements, c’est accordé. Mais à en juger par son thermos de café et la pile de dossier sous le bras, c’était un fonctionnaire. Un drogué du boulot. Un Junkie à sa manière.
(c) DΛNDELION
i'm only human
avatar
Messages : 40
Voir le profil de l'utilisateur
Message() Jeu 18 Jan - 12:01

Give Me Problems ! Give Me Work !

ft. The Madman & Zephyr O’Brian.

Quand on m’avait fait venir pour aider à interroger le « suspect », j’en étais à mon neuvième café. Si pour certains, c’étaient les aiguilles d’une montre qui indiquait le temps qui passe, en ce qui me concernait c’était mes tasses de café qui rythmait mes journées. Une addiction plutôt saine comparée à d’autres, et qui ne m’empêchait pas le moins du monde de faire des nuits complètes contrairement à ce qu’indiquaient les sacro-saintes études des scientifiques à ce sujet. Bref, on m’avait donc demandé de venir donner un coup de main pour l’interrogatoire d’un suspect récalcitrant. En temps normal, mon travail consistait à m’assurer que mes collègues de Scotland Yard étaient aptes au travail, qu’ils se remettaient d’éventuels traumas, bref j’assurais le suivi nécessaire du mental des gardiens de la paix. Les inspecteurs n’avaient généralement pas besoin de psychologue pour mener leurs interrogatoires, ils avaient l’expérience nécessaire. Mais parfois ils rencontraient des cas difficiles, que ce soit sur le terrain ou au poste, et on me demandait de filer un coup de main, en sourdine, pour aider à faire parler, le plus souvent des victimes traumatisées. En l’occurrence, il s’agit d’un potentiel suspect, que mes collègues avaient dit être « fou ». Pour le coup, je prenais leur affirmation avec des pincettes : les gens étaient généralement moins fous qu’on le croyait – ou alors plus.

Après mettre installé derrière, avec le dossier de l’affaire en main, je me mis à observer le type en question. Brun, les yeux clairs de ce que je pouvais en voir, il devait avoir la quarantaine. Il avait une attitude à la fois décontractée, à en croire la façon désinvolte dont il s’était installé sur la chaise – pourtant inconfortable – de la salle d’interrogatoire, et à la fois nerveuse, à en croire les tics qui l’agitaient, parfois de manière inattendue. Je l’observais intensément, notant chacun de ses gestes, son ton, ses paroles. Cynique, téméraire, moqueur. Je notais ces caractéristiques sur le recto d’une feuille, annotant avec quelques autres informations utiles. Comme par exemple sa tendance à regarder son poignet dénué de toute montre ou autre ornement qui justifierait cette manie. Quand le commissaire me demanda mon avis – enfin redemanda, apparemment il avait déjà essayé d’attirer mon attention plus tôt – je répondis lentement, mesurant mes mots : « Il est difficile de rendre un jugement définitif à son sujet, je n’ai pas assez d’informations. ». Je notai le terme de « Judoons » que je ne connaissais pas – était-ce même la bonne orthographe ? – avant de continuer : « Ce qui est sûr c’est que la confrontation direct ne mènera nulle part, il n’a pas l’air du genre à craquer sous la pression, et il semble même prendre un malin plaisir à confronter les autres. ». Avec un regard vers mon supérieur, je demandais : « Est-ce que je peux aller l’interroger ? ». L’accord me fut donné, et je quittai la salle, faisant un détour par la machine à café – ma dixième tasse était une nécessité absolue.

C’est donc mon dossier sous le bras, une tasse de café dans l’autre, que j’entrai dans la salle d’interrogatoire, un air résolument neutre sur le visage. Le rire qui émanait de l’autre homme se tut à mon entrée, avant qu’il ne commence à se montrer désobligeant. Je le regardai un instant, lui montrant par la même que je l’avais entendu, mais je pris le temps de m’installer en silence, le dossier penché vers moi pour qu’il ne puisse pas lire. Après avoir avalé une gorgée de café, je me présentai calmement : « Bonjour. Je suis le Docteur O’Brian. Puis-je connaitre votre nom ? ». Je n’avais pas vu l’intérêt de mentir sur ma profession, car, contrairement à ce que pouvaient pensé les policiers qui l’avaient interrogé, il me semblait suffisamment intelligent pour découvrir bien assez vite ma véritable profession. Il m’apparaissait plus sage de joué cartes sur tables, en tout cas pour le moment. Avalant une autre gorgée, j’ajoutai, un brin ironique : « Ne vous inquiétez pas, je ne manque pas de motivation, et j’ai très envie de discuter avec vous. Enfin, si vous revoyez votre position sur le fait de ne pas adresser la parole aux « drogués ». Discuter tout seul ne m’intéresse pas. ». J’étais curieux de découvrir ce que cet inconnu à la langue bien pendu pouvait bien avoir à répondre à mon assertion. Après tout c’était la stratégie que j’avais choisi, le faire parler pour découvrir le plus de choses possibles, à son sujet, entrer dans son jeu. C’était la meilleure façon de découvrir les informations attendues par mes collègues. Car soit ces informations sortiraient naturellement de sa bouche, soit je saurais trouver les points faibles sur lesquels appuyer pour le faire parler. A vrai dire, je préférai la première solution, je n’aimais pas trop utiliser mes connaissances et capacités pour blesser les autres – cela me rappelait trop mes jeunes années dans la brigade d’intervention. Mais s’il le fallait, je le ferais bien sûr, ce n’était après tout pas pour un délit mineur qu’on le suspectait, mais pour un crime.

administrateur
avatar
Messages : 577
Voir le profil de l'utilisateur
Message() Mar 23 Jan - 19:41


give me problems! give me work!
zephir et madman

« My journey took me some what further down the rabbit hole than I intended and though I dirtied my fluffy white tail I have emerged, enlightened. »
L’ennui guide les mots en dehors de sa bouche, estimant qu’il n’avait aucun adversaire compétent en face de lui. Il avait cette fâcheuse manie de s’adapter selon le comportement de son interlocuteur et d’avoir un gout prononcé pour la confrontation. Plus on lui criait dessus, plus il avait envie de les encourager à hausser le volume. Incessant brouhaha de remontrance, c’était synonyme de victoire pour le fou. La tête relevée, le menton haut-levé, il riait dans la salle en attendant de voir le prochain qui se risquerait à entrer dans l’arène. Ses menottes commençaient à le gêner et il se demandait s’il n’allait pas les enlever lui-même. Il avait ramené ses mains liées prêt de son visage, donnant un coup de dent dans les bracelets métalliques. Hum, acier bas-de-gamme, tout juste chauffer et forgé. Pas d’alliages spécifiques, facilement cassable. Ses incisives avaient relâché leur proie glacée, reposant le tout sur la table. Il scandait de se presser, qu’il n’avait pas de temps à perdre. Ce qui était totalement faux en vérité. A côté de ces petits humains, il était celui dont la longévité était la plus conséquente. Dans l’élan de sa joie, il avait fait craquer sa nuque, penchant la tête en arrière. Il gigotait sur sa chaise, le temps était long immobilisé. Puis une silhouette élancée armée d’un dossier sous le bras et d’une tasse de café était entrée dans la pièce. Le fou s’était figé, relevant un sourcil tandis que son euphorie avait cessé aussi brutalement qu’elle avait commencé. Sa bouche demeurait close, sa mine aggravée. C’était une blague se demandait-il tandis que ses yeux verts sondaient de bas en haut et de haut en bas ce nouvel arrivant. Il ne lui donnait pas envie de jouer, il semblait lassé. Par quoi ? L’idée d’être dans cette pièce, ou de devoir faire son travail ? Une lueur curieuse avait traversé le regard du brun tandis que son sourire n’apparaissait plus. Il était en phase d’analyse, d’inspection pour comprendre et trouver le point sensible de son interlocuteur. C’était moins évident puisque lui-aussi ne laissait rien transparaitre. Docteur O’Brian…Le Seigneur du Temps avait tiqué sur le mot Docteur et pendant un instant, son aura s’était noircit avec une touche de cynisme du à sa petite esquisse en coin. Il tournait sa langue dans sa bouche, le laissait enchainé et répondre à sa remarque. Bien, bien, il avait du répondant. Il avait fallu attendre que le silence s’installe pour que le fou daigne à bouger. Il s’était redressé sur sa chaise, venant se pencher un peu sur sa table pour couler son regard sur les détails. Ce silence, il était si pesant. Si bien qu’il avait jugé bon d’y mettre un terme en ouvrant la bouche. « Trois choses que je méprise et que je déteste dans l’univers par ordre croissant d’importance : la vanille, les serpents et les docteurs. Alors à moins que votre prénom soit en effet Docteur, chose dont je doute fortement car il n’y a qu’une seule personne dans l’univers à s’en servir comme tel –et si c’est réellement le cas, il se pourrait que j’ai une haine féroce contre vous que j’aimerais ne pas laisser exploser, il serait bon de faire une présentation valide ». Le fou avait ponctué sa phrase par ce sourire pré-formaté, digne du chat de Lewis Caroll. « Vous le connaissez déjà sans le connaître. Et quand bien même vous ne le connaîtriez pas, il est assez facile à deviner. Mais je vous en prie bavardons ! Ne me demandait pas la même chose que vos collègues, je n’aime pas me répéter et je sais que vous écoutiez. Et que nous sommes toujours écouté d’ailleurs, mettez un peu de musique pour égailler cette salle ! ». Sa voix avait haussé d’un coup et il avait tapé ses poignets contre la table. Il allait finir par se blesser, c’était évident, avec toute cette gestuelle exagérée. « Docteur, docteur, docteur … » Il sentait les sueurs froides l’envahir alors que son regard était illuminé par la curiosité. « Vous n’êtes pas mon docteur. Mon docteur est lâche. Mon docteur est méprisable. Ils le sont tous. Vous êtes sur de vouloir être docteur en face de moi ? ». Après un moment de latence à fixer le plafond et à chercher sa respiration, il avait planté son regard sur cette personne en sursautant. Un faux-bond vers lui. Pourquoi avait-il dis qu’il était Docteur ? Il avait une violente envie de l’étrangler maintenant. Il venait de le dire, ce n’était pas son docteur. Ce n’était pas un docteur. Il se complaisait dans l’idée que cela soit un drogué, un accroc du café à en juger par l’odeur qu’il dégageait et la tasse dans ses mains à une heure avancée de la journée. Ce n’était pas un reproche. Il préférait d’avantage le voir ainsi que comme un docteur. Un adepte des cobayes à torturer, des aiguilles douloureuses et des transfusions douteuses…
(c) DΛNDELION
i'm only human
avatar
Messages : 40
Voir le profil de l'utilisateur
Message() Mer 14 Fév - 22:56

Give Me Problems ! Give Me Work !

ft. The Madman & Zephyr O’Brian.

A mon arrivée le prisonnier s’était calmé, un air attentif sur le visage. Visiblement j’avais attiré son attention, d’une façon ou d’une autre. Tant mieux, mes mots n’allaient pas tomber dans l’oreille d’un sourd. Je m’étais donc présenté, sans me laisser déstabiliser. Même si mes « patients » habituels n’avaient pas des pathologies lourdes, ils en restaient pas moins des policiers habitués à trouver les points faibles des autres et qui ne tenaient pas vraiment à ce que je « rentre » dans leur tête. Du coup j’avais pris l’habitude des remarques acerbes, destinés à me faire mal, et je le prenais avec détachement. Tout comme les paroles de cet étranger. Il en faudrait plus pour que je réagisse autrement que professionnellement. Tout en parlant, je n’avais donc cessé de l’observer, m’attardant sur tout ce que son langage physique me révélait. En l’occurrence, le terme de « docteur » ne lui plus pas, rien d’étonnant vu le contexte, mais c’était un point commun avec beaucoup de gens, qui ne m’apprenait rien en particulier. Lorsque je m’étais tu, le silence avait plané, un peu oppressant, et pourtant je m’y sentais à l’aise. C’était un silence qui disait que mon interlocuteur me prenait au sérieux, qu’il prenait le temps de la réflexion pour me répondre. Un silence qui parlait à travers ses mouvements, alors qu’il se pencha vers, me prouvant que j’avais toute son attention. Les premiers mots qu’il m’adressa ensuite m’apprirent plus sur lui-même que des heures d’interrogatoire. Une petite réussite mine de rien. Ainsi le suspect détestait avant tout les docteurs, les serpents et la vanille. Pas étonnant qu’il n’ait pas aimé la façon de ma désigner. La suite de son discours fut un point évident à comprendre. Une personne qui s’appelait vraiment Docteur, pas juste un titre ? Voilà qui était orignal. Et qu’il pourrait potentiellement haïr.

Un faux sourire orna les lèvres du brun face à moi, alors qu’il ajouta que je connaissais sans le connaitre son nom. Une énigme ? Mes neurones se mirent à fonctionner à toute allure alors que j’essayais de le comprendre – pas avec un grand succès dans l’immédiat. Je mis donc un peu de temps à réagir à son changement de sujet, alors qu’il réclama de la musique, en me parlant ainsi qu’à tous ceux derrière le miroir sans tain. Avec brusquerie, la conversation vira à nouveau de bord alors qu’il se mit à s’agiter, frappant des poings sur la table, parlant de docteur, de fait que je n’étais pas le sien, que le sien était digne de mépris, comme tous les autres. Voulais-je être son docteur ? La réponse était bien évidemment non. J’avais ma petite vie tranquille, et mon secteur incluait des policiers en stress post-traumatiques ou des familles en deuil, par des personnes ayant visiblement besoin d’institutions spécialisées. Mais puisqu’il était le détenteur d’informations importantes, je n’avais guère le choix pour le moment. Aussi je me contentai de répondre : « C’est vrai je ne suis pas votre docteur, ni « le Docteur », juste un simple psychologue de commissariat. Il n’en reste pas moins que c’est injuste de dire que tous les docteurs sont méprisables. Ce serait comme de dire que tous les personnes aux gestes chaotiques, aux changements brusques de conversation et aux propos difficilement compréhensibles devraient être enfermées. Alors je propose que nous fassions chacun un pas dans la direction l’autre. Par exemple, vous me donnez votre prénom, je vous donne le mien, et nous discuterions comme des étrangers qui dont connaissance, et non pas comme un docteur à un patient ? ».

Après avoir avalé une nouvelle gorgée de café – ce serait dommage de devoir le boire froid – j’ajoutai, histoire de détendre l’atmosphère qui s’était bardée de piques invisibles : « Qui sait, peut-être même qu’on pourra mettre de la musique ? Vous écoutez plutôt quel genre de musique ? ». Je voulais le mettre en confiance, car visiblement que je sois docteur le perturbait. Je ne pouvais que deviner un traumatisme passé. Un médecin s’en serait pris à lui ? Ou cet homme aurait juste eu l’impression que son patricien lui avait fait du mal ? Cela expliquerait le mépris, mais pourquoi dire que son docteur était lâche ? Et puis docteur en quoi ? Psychiatrie ? Possible vu qu’il ne semblait pas faire partie des personnes les plus stables du monde. Pourtant cela n’en faisait pas un criminel, quoi que puisse en dire les inspecteurs chargés de l’enquête. Ah moins que ce ne soit un docteur en médecine ? Quelqu’un qui aurait dû le soigner mais ne l’avait pas fait ? Erreur involontaire ? Ou volonté de nuire ? Trop de questions auxquelles je n’avais pas de réponses. J’étais décidé à y aller par étapes, dans l’espoir de mettre un peu d’ordre dans son discours. Autant donc y aller par étape et essayer de le mettre un peu à l’aise pour qu’il se laisse aller à se confier. Nous verrions où cela nous mènerait.

administrateur
avatar
Messages : 577
Voir le profil de l'utilisateur
Message() Ven 16 Fév - 15:27


give me problems! give me work!
zephir et madman

« My journey took me some what further down the rabbit hole than I intended and though I dirtied my fluffy white tail I have emerged, enlightened. »
Il en était arrivé au point où il avait totalement oublié le prédécesseur de cet inopportun. Le fou le regardait, ne sachant pas s’il l’intimidait ou si, au contraire, c’était lui qui était intimidé. Mais dans le second cas, c’était peu probable. Il avait vu des monstres assoiffés de sang, des mangeurs de cervelles, des soldats, des humanoïdes gluants, que craignait-il d’un homme ? Rien, absolument rien. D’où le fait qu’il se montrait détaché et concentré à la fois. Il voulait connaître, il voulait savoir, il voulait comprendre d’où lui venait ce masque de confiance et de détachement. Croyait-il vraiment pouvoir avoir assez de forces pour rentrer dans sa tête ? S’il le faisait, le malheureux en serait assommé. Il se contient, il se retient et s’il ne le faisait pas, il aurait l’équivalent d’un piano lui tombant sur la tête. Ses paroles coulaient à flot et il disait seulement ce qu’il avait envie qu’il entende. Docteur, oh, ce mot venait de lui enlever un point dans son estime déjà … Assez basse, il faut l’avouer. Les pantouflards n’étaient pas son genre, et avec sa barbe de trois jours, il faisait rapidement le lien sur une fatigue qui pourrait expliquer pourquoi il ne prend pas le peine de se raser décemment. Quoi que, lui qui était imberbe, il lui enviait presque cette pilosité au visage dont il ne pourra jamais se targuer d’avoir. C’est que ça donne un petit côté sexy, la barbe. Il réclamait des présentations décentes, refusant de l’appeler Docteur et de l’affubler d’une étiquette qui ne lui allait pas et qui ne faisait que l’entacher d’une sinistre réputation alors qu’il était totalement innocent dans cette histoire que le fou gardait secrète. Il continuait, il parlait, et il donnait une énigme pour cacher son anonymat. Il n’a pas de prénom, seulement un titre qui faisait office d’identité. Il l’avait surement deviné, le seul fait qu’il est suggéré que toutes les personnes dans son cas ne méritaient qu’à être enfermée le mettait sur la voix. Il mettait de côté la proposition et la question sur la musique dans un coin de sa tête, préférant relever ses paroles. « Injuste ? » fit-il en guise d’introduction, et son regard traduisait l’avant-première d’une tirade sèche et tranchante par le biais de ses émeraudes mi-masquées par ses paupières pliées. « Bien sûr que ça l’est, il ne faut pas 300 de QI pour comprendre que l’extérieur est remplie d’injustice. Sans elle, il n’y aurait pas son miroir. Et en parallèle, pas de pseudo-héros qui, sous un élan de bonté et de devoir, vont vouloir défendre cette vicieuse justice devant leurs semblables et ainsi grimper l’échelon jusqu’à l’élitisme et la célébrité. L’arrogance les envahit, persuadés qu’ils sont les meilleurs, puis ils deviennent eux-mêmes acteurs de l’injustice. Le monde est hypocrite, bercé par des illusions et la justice n’est qu’une utopie, une carotte pour guider les ânes. Un jolie de conte de fée pour faire penser qu’on est moins salops qu’un autre. Ne jouez pas à ça avec moi, psychologue, je pourrais taper facilement dans les sujets qui fâchent et qui vous concernes. Comment croyez-vous que j’ai fait rage-quitté six de vos collègues avant vous, vous voulez une démonstration ? Vous rentrez dans ma tête, je rentre dans la vôtre. A une différence près, c’est qu’à votre place, je me méfierais. Mes propres songes me trahissent et je ne suis pas tout seul. Croyez-moi, vous avez à faire au plus diplomate des deux. Oh ! Il se pourrait que j’ai donné un indice sans le vouloir sur mon identité. J’adore les devinettes, ne m’en tenait pas rigueur. Mais j’accepte volontiers votre proposition » Une note légère et aigue avait ponctué sa phrase et son dos était retourné s’appuyer contre le support de la chaise prévu à cet effet. Le fou ne l’avait pas quitté du regard une seule fois, pas même lorsqu’il s’était reculé pour prouver qu’il était détendu. Lui qui lisait sur son corps, il devait le voir non ? Cette nonchalance, cette absence de crainte et cette confiance à toute épreuve. Si bien que l’on pourrait le juger arrogant, mais ses propres étaient fascinants. Une façon différente de penser, une point des étoiles et de loin pour mieux apercevoir le chaos que représentait l’humanité à elle toute seule. La magie et l’absurdité réunit sur une seule planète, pas étonnant qu’il soit fasciné par cette dernière. « Une musique d’ambiance fera très bien l’affaire, pourquoi une de vos bande-original ? J’aime beaucoup celles de John Williams par exemple. Il a su faire mettre des notes sur les étoiles. Bien que Hans Zimmer  se place pas mal aussi dans ce domaine avec celle d’Interstellar.  Mais je divague, revenons un peu sur vous ». De toutes évidences, il n’arrivait pas à tenir en place et ses menottes commençaient sérieusement à devenir encombrantes. Il tirait sur ces dernières avec ses poignets, grimaçant un peu avant de reporter son attention sur le psychologue en posant ses coudes sur la table pour supporter sa tête et en rapprochant bruyamment sa chaise de la table. « Est-ce que c’est votre métier qui vous rends aussi ferme ? Ou bien n’est-ce qu’un masque ? Un masque pour cacher une toute autre personnalité ? Le temps creuse vos joues et vos cernes, preuves d’un épuisement constant, ce qui laisse à penser que vous êtes du genre actif. Pas trop, car il est bientôt 15h à en juger par le positionnement des aiguilles de votre montre, et pourtant votre café est chaud. Ce n’est donc pas le premier, et il ne serait même pas étonnant que vous ne prenez à un chaque heure contenue du léger brunissement à la commissure de vos lèvres. C’est votre dopant, trop responsable pour refuser, vous êtes surmenagé par vos supérieurs, mais vous ne cherchez pas à vous rebiffer. Par devoir ou pas volonté de se racheter ? Votre comportement détaché et le fait que vous aillez tiquer sur ma méprise pourrait pencher pour la première option, mais vos yeux tristes vous trahissent. Déception de jeunesse ? Possible, votre cravate est légèrement de travers et le dernier bouton de votre chemise n’est pas fermé. Sans compter votre barbe de trois jours. Une tenue à la cool, digne d’un artiste. Vous ne savez pas quoi faire de vos doigts et vous semblez être amateur de musique puisque ma remarque à fait tic et que vous êtes prêts à m’accorder un fond sonore. Ce qui laisse présager que vous avez été vous-même musicien dans une précédente vie et là-dessus, ça nous fait un point commun bien que la notion de “vie” est très compliqué de mon côté. Pianiste, vous avez gardé quelques notes en tête et c’est pour cette raison que vos doigts pianotent de manière silencieuse dans un sens peu commun. Je continue ? Ou j’entame le sujet qui fâche et j’enchaine sur la présence d’une zone plus claire sur votre peau à l’annulaire droit ? » A la fin de sa phrase, il avait haussé les sourcils, une bouille faussement innocent. Il était presque fier de lui et il attendait que le psychologue fasse de même maintenant. Et dans tout ça ? La proposition du psychologue ? C’était sa manière d’y répondre. S’il suivait le même raisonnement, il allait trouver sa réponse.
(c) DΛNDELION
i'm only human
avatar
Messages : 40
Voir le profil de l'utilisateur
Message() Ven 23 Fév - 19:54

Give Me Problems ! Give Me Work !

ft. The Madman & Zephyr O’Brian.

Après un moment de silence, qu’une fois j’accueillais avec plaisir, malgré la tension dans la pièce, la voix du suspect s’éleva à nouveau, répétant un mot de ma tirade précédente. Avant de se lancer dans un grand discours sur le fait que le monde était injuste. Peu touché, j’avalai une gorgée supplémentaire de mon café, laissant croire à de l’indifférence totale. Comme si JE ne savais pas que le monde était injuste. Comme si la mort de ma mère et ma sœur, deux âmes innocentes ne l’étaient pas. Comme si toutes les morts que j’avais vu en étant flic sur le terrain n’avaient pas suffi à m’en convaincre. Savoir que le monde était un injuste n’avait rien de nouveau pour moi, loin de là. Mais ce n’était pas le cas de toute le monde, certain préférait s’aveugler en se disant que tout à une raison d’être. Mon cul. Mais que le monde ne soit qu’injustice ne voulait pas dire pour autant que l’on devait rester assis à ne rien faire, qu’il fallait laisser les choses suivre la voie du chaos et du mal. C’était ça le dur travail de flic : se battre pour grappiller un peu de justice dans un monde qui n’avait rien à voir avec cette notion. Pourquoi ? Pas mal de mes patients flics me posaient la question : pourquoi continuer à se battre contre la criminalité, et surtout contre la cruauté qui semble être le fer de lance du monde. Je n’avais pas de réponse magique. Chacun trouvait la volonté de continuer là où il le pouvait. Pour ma part, pendant longtemps ma motivation a été de protéger les âmes innocentes à l’instar de celle qu’avait été ma sœur, et de protéger mes frères d’armes. C’était trop facile de dire que le monde était injuste, et de rester le cul vissé à une chaise. Même si au regard du pays voire de toute la planète mon travail n’avait pas changé grand-chose dans l’équilibre entre la justice et le mal, il n’en restait pas moins que parfois, j’avais pu faire la différence, j’avais aidé des gens qui le méritaient, et cela avait suffis à me pousser à continuer. Peut-être pas assez pour que je continue sur le terrain, mais je n’avais pas quitté Scotland Yard pour autant.

La justice une carotte pour appâter les ânes ? Peut-être, peut-être pas, si cette « fausse justice » amenait à faire le bien, même sporadiquement, pourquoi se plaindre, c’est mieux que rien. Puis il menaçait de rentrer dans ma tête ? Bienvenue dans le dur job d’un psy dans un commissariat aux agents observateurs pires que des commères. Au final, ce fut la fin de son discours qui m’intéressa le plus. Ils étaient deux ? Cette fois, je posais ma tasse, où il restait un fond de café, et je le regardai vraiment. Donc mon interlocuteur état atteint d’un rouble dissociatif et il en avait conscience. Et cet aveu sur sa maladie mentale était un indice sur son nom. En quoi son nom et sa maladie était liées ? Avant que je ne puisse creuser la question, il changea à nouveau de conversation tout en changeant de position. Pire que ma femme, et pourtant elle parlait beaucoup. Enfin ex-femme. Alors qu’il s’était soudainement mis à l’aise, après sa déclaration passionnée sur l’injustice du monde, il me proposa de mettre une bande originale de films visiblement axée espace. Pour le coup je n’avais rien à redire sur ses goûts en matière de musique. Par contre sa formulation était étrange : une de « nos » bandes originales ? Qui était le nous exactement. Mystère, encore une fois. Ce type était un mystère sur pattes de toute façon. Peut-être que c’était son nom, Mr Mystère ? Après tout s’il y a « Le Docteur », cela ouvrait pas mal de possibilité. Au lieu de m’attarder sur ces pensées stériles – même si amusantes – je répondis : « Va pour de la musique. Très bon choix soit dit en passant. ». Ce disant je sortis mon portable et réussis – avec un talent discutable – à lancer une playlist Youtube avec des chansons de John Williams. Je me demandais vaguement ce que pensaient mes collègues derrière la vitre, mais au final je m’en fichais. C’était un cas difficile, auquel, disons-le franchement, je n’avais pas été formé, alors je faisais au mieux. Puis la musique avait des vertus thérapeutiques, c’était reconnu. Avant que je ne trouve une façon de poursuivre calmement la conversation, il recommença à parler, tout en tirant sur ses chaines. Je l’avais comparé à ma femme ? Au temps pour moi, j’étais quasiment certains qu’elle ne m’avait jamais parlé autant en une seule fois. Curieux toutefois de ce qu’il pouvait encore me lâcher comme information, je l’écoutais attentivement. Visiblement quand j’ouvrais la bouche je le mettais en rogne, peut-être que le silence serait mon allié ? Il ne fallut pas longtemps pour comprendre que non, et que l’autre homme avait entrepris de m’analyser à son tour. Je ne dis rien pour autant, craignant que l’interrompre ne le pousse à se mettre encore plus en colère. Je voulais qu’il parle – et s’il ne le faisait pas bientôt, j’avais dans l’idée que mes collègues allaient bientôt l’embarquer et l’accuser du crime.

Il fallait reconnaitre un point à l’autre homme : il était observateur et intelligent. Tous les flics de ma connaissance n’en auraient pas déduit autant de mon apparence et de mes actions. A la fin de son discours, j’avalais le reste du café – quelques gouttes froides – et je retins un soupir. Moi qui voulais qu’on fasse connaissance, on peut dire qu’on avait avancé de ce côté-là. Enfin surtout lui plutôt que moi. J’ignorais encore son nom malgré les « indices » qu’il m’avait laissé. Et bizarrement je ne pensais pas tirer grand-chose de lui tant que je n’aurais pas deviner. Ce qui était très frustrant. Lentement, alors que mon cerveau tournait à plein régime, je répliquai, peut-être un poil ironique : « Bon, je crois que vois savez l’essentiel de moi, ravi de vous rencontrer. ». Un nom lié au fait qu’il ait une deuxième personnalité donc. « Je dois admettre que vous fin observateur, pour avoir deviné tout cela à mon sujet. ». Un nom facile à deviner. « Je suis d’autant plus certain que vous pourriez grandement aider à résoudre l’affaire qui nous intéresse. ». Ok je séchais totalement. A part le Fou, rien ne me venait. Quoique … S’il y a « Le Docteur » est-ce qu’il peut y avoir « Le Fou » ? Cela valait la peine d’essayer. D’autant qu’après son speech sur le fait que la justice n’existait, il ne pouvait pas le prendre mal, n’est-ce pas ? D’un autre côté il m’avait mis en garde contre son autre personnalité, visiblement plus dangereuse. La logique voudrait que j’essaye de poursuivre l’interrogatoire et de lui extirper son nom, mais cette méthode n’avait pas marché. Alors je me fiai à mon instinct et j’ajoutai : « Si vous voulez bien nous aider, bien sûr, Monsieur Mad. Ou Mad tout court ? Madman ? Je m’excuse de ne pas avoir la formulation exacte. ». Malgré mon air calme, mon cœur tambourinait à toute allure dans ma poitrine en attendant sa réponse. Avais-je fait une erreur ? J’espérais de tout cœur que ce n’était pas le cas. Avec agacement, je notai que mes doigts pianotaient bel et bien, suivant instinctivement la musique qui s’échappait du smartphone. Trop tard pour arrêter, de toute façon il l’avait déjà remarqué, et puis ça me calmait. En espérant de ne pas avoir manqué toute chance de le faire parler sur la raison qui l’avait amené au poste.  
administrateur
avatar
Messages : 577
Voir le profil de l'utilisateur
Message() Ven 23 Fév - 23:55


give me problems! give me work!
zephir et madman

« My journey took me some what further down the rabbit hole than I intended and though I dirtied my fluffy white tail I have emerged, enlightened. »
Il déblatérait, il se perdait dans ses paroles, ses songes, son analyse. Cette personne en face de lui l’intriguait sans qu’il ne laisse transparaître quoi que ce soit. Vilaine curiosité qui le tenait, pourquoi ne flanchait-il pas ? Lui qui était si horripilant, si agaçant, si bavard tout en esquivant les questions majeures. A commencer par son prénom. Son interlocuteur ne s’énervait pas, c’est lui qui sentait la colère montait dans son être. Non, il ne devait pas. Il voulait jouer. Le fou s’amusait de regard, d’analyse de paroles. Il le dépouillait du regard, scannant ainsi le moindre fait et geste, rendant son observation sur sa personne insistante, voir dérangeante. Mais à quoi bon, il était psychologue, non ? Il devait y être habitué. Son interlocuteur avait saisi son portable pour mettre de la musique et les premières notes de Star War avaient raisonné dans la pièce. Le fou était dans son idée fixe, continuant dans sa lancée et lançant le résultat de ce long moment d’observation. Une tirade longue, trop longue, mais construite et détaillée. Un enchevêtrement de questions dont il avait lui-même les réponses et qui lui permettaient de nourrir la dynamique de ses mots. Il s’était tût à la fin, témoignant ainsi d’une certaine forme de compassion. Les sujets qui fâchent étaient pénibles, il ne voulait pas que la discussion tombe dans le dramatique. Il préférait se concentrer sur la musique. Et là, plus rien. Plus aucuns traits excessifs sur son visage, c’est comme s’il rêvait, les yeux ouverts et rivés sur le téléphone qui émettait la mélodie. Si la musique avait des effets thérapeutiques, ils étaient flagrants chez le noiraud. Son visage s’était adoucit, ses yeux ne diffusaient plus colère et indignation, encore moins de l’arrogance. C’était une forme d’innocence pure, la même que ceux que possèdes les enfants. Oh oui, le fou avait l’air d’un grand enfant à qui on aurait donné une berceuse pour l’assagir. Ses muscles se détendaient et il s’était couché sur la table, bras croisés sur cette dernière pour faire office d’oreiller pour reposer sa tête. Depuis tout ce temps, toutes ses secondes passées enfermer dans cette salle, c’est tout ce qu’il demandait. Quelque chose pour calmer ses esprits. Etait-il fou ? Oh oui, sinon il ne porterait pas son nom. Mais, la folie est une notion très abstraite dont il est le représentant de tous les aspects. Des plus beaux, comme des plus affreux. Là est le fardeau de son nom, de son identité et de ses faciès. Il était attentif, calme et reposé. Bien sûr, la musique ne valait pas les étoiles et c’est pour cette raison qu’il y avait toujours de l’attention chez lui et cette petite touche d’arrogance. Le fou n’avait rien relevé parce qu’il n’y avait rien à relever. Le psychologue avait relevé des observations juste, mais cela ne lui donnait pas son nom. Puis, il avait fini par traverser sa bouche. De manière un peu bancale, douteuse, mais toutes ces appellations étaient exactes. « Enfin » souffla-t-il, l’air légèrement ennuyé avant de reprendre. « The Madman est la version complète, mais je n’ai rien contre Mad. Les deux sont corrects. L’un est la dénomination entière, l’autre un diminutif plus ou moins gentil ». En l’appelant par son nom, O’Brian venait de s’assurer de toute l’attention de Mad à présent. Même si sa posture ne donnait pas d’indice sur ce dernier point. « C’est ce que je faisais avant d’atterrir dans cette pièce » lança-t-il en échos à la question majeure. Sa soudaine attitude calme était d’autant plus étonnante de par la brutalité de son apparition. C’était un tout autre homme auquel le psychologue devait faire face. De la sagesse dans les traits de son visage, tandis qu’il avait cessé toutes gestuelles brusques pour se concentrer sur les mots qui vont suivre. « Ce serait tellement plus simple si je pouvais vous montrer. Pas à vos collègues, seulement à vous. Des mots vous ont échappés dans ma précédente réponse, mais vous avez attrapé les principaux. Vous ne me croirez pas si je vous expliquais, qui croirait un fou ? Le Fou ? Je vous propose quelque chose : Vous m’enlevez ses menottes et je vous donne vos réponses. Les enfants disparus, vous ne pourrez pas les retrouver sans mon aide, car ils ne sont plus sur Terre et je ne suis pas partisan des croyances. Je vous parle en tant que scientifique. Ils ne sont plus sur votre planète. Je peux suivre leur trace, mais Londres n’est pas la seule victime, c’es- ! ». Il avait été coupé dans son élan, la porte s’ouvrant de nouveau. L’inspecteur en chef furibond et révolté, n’appréciant guère la musique au passage puisque ce dernier l’avait coupé également. Aussitôt, le noiraud avait remis sa garde démente, se mettant à s’agiter, à rire et à faire de grand geste. Dommage, c’était presque ça. Ils les prenaient pour des idiots, disait l’auteur de cette interruption, l’accusant de mensonge et de moquerie. Ainsi donc, selon lui et parce qu’il avait parlé d’au-délà de la stratosphère, il était fou et menteur. D’autant plus que ses propos le trahissaient et que son prétexte qu’il avait fini par entamer le sujet des enfants disparus, cela faisait de lui un parfait suspect parce qu’au courant de ce qui se passe en l’avouant à demi-mot. « Comment espérez-vous retrouver des gamins en vous cloitrant dans vos bureaux et en accusant le premier venu parce qu’il parle d’extra-terrestres ! Vous êtes stupides ! Vous êtes affreusement stupides que ça en devient ridicule. Et vous osez encore vous étonnez que nous ne voulons rien vous dire ! Partez ! Barrez-vous ! Vous voyez bien que vous nous gênez ! ». Ca y est, la colère du fou explosait et il tirait de nouveau sur ses menottes à s’en mettre à sang ses poignets. Il avait repris cette attitude agressive qui n’était autre, finalement, qu’un moyen d’auto-défense.
(c) DΛNDELION
i'm only human
avatar
Messages : 40
Voir le profil de l'utilisateur
Message() Lun 5 Mar - 8:52

Give Me Problems ! Give Me Work !

ft. The Madman & Zephyr O’Brian.

Alors que j’attendais avec une certaine impatience sa réponse, je devais reconnaitre que je ne m’ennuyais pas. Ce type représentait un réel défi, quelque chose qui me faisait sentir vraiment intéressé, ce qui n’était pas tous les jours le cas. Certes, je compatissais avec mes clients, et les aidais du mieux que je pouvais, mais au final, c’étaient des cas que j’avais l’habitude de gérer, qui ne réservaient que rarement des surprises. Là se présentait à moi un vrai challenge, et malgré moi j’aimais ça. J’avais complètement délaissé ma tasse vide, toute mon attention centrée sur le personnage en face de moi. Et quel personnage d’ailleurs. Visiblement les vertus apaisantes de la musique s’avéraient totalement vraies dans ce cas de figure. Mon interlocuteur, jusqu’à maintenant très agité, incapable de tenir en place, semblait presque hypnotisé par la musique, ce qui me fit presque sourire. Tel un enfant calmé par une berceuse, il se montrait bien plus posé et mais peut-être un peu moins à l’écoute, comme un gosse sur le point de faire la sieste. Soit, ma tentative de nom attira quand même son attention. Un « enfin » traversa les barrières de ses lèvres dans un souffle, comme soulagé. Et soulagé, je l’étais aussi, en comprenant que j’avais réussi à passer à l’étape supérieur. Comme dans un jeu vidéo, un jeu d’énigmes en l’occurrence. L’adrénaline de la victoire, même temporaire pouvait être très euphorisante. The Madman, puisque c’était son nom en entier, comme il me l’expliquait, me dit également que Mad était un diminutif acceptable. Avant que je ne lui demande comment il préférait que je l’appelle, il enchaina sur ce que je disais juste avant de donner son nom. Il me fallut quelques secondes pour comprendre ce qu’il exprimait : qu’il était dans le poste de police pour nous aider avec l’affaire en cours. En temps normal j’aurais fait la remarque que faire tourner en bourrique les inspecteurs chargés de l’affaire n’était pas la façon la plus efficace de s’y prendre, loin de là. Mais j’avais affaire à un être étrange, qui se faisait appeler « The Madman » et qui présenterait un trouble de la personnalité. Je supposai que sa réaction avait une logique qui m’échappait, comme au reste du commun des mortels. Son attitude n’avait pas vraiment été raisonnable, à juste titre – enfin jusqu’à maintenant.

Enfin j’avais l’impression d’aller quelque part avec cet homme. Je fus donc totalement absorbé par la tirade qui suivit, qui m’enjoignait à le laisser me montrer, seulement à moi. Et si le début tira la sonnette d’alarme chez moi – un type visiblement perturbé mentalement qui ne voulait avoir affaire qu’à moi n’était pas forcément un bon un signe – le fait qu’il est une certaine lucidité sur son état mental me calma un peu. Tout comme le fait d’apprendre que j’avais loupé des informations dans ce qu’il m’avait dit m’agaça contre moi-même. Tu parles d’un flic ! Enfin ex-flic. La suite par contre me fit perdre tout espoir d’avoir une conversation rationnelle avec cet homme. Plus sur Terre ? Donc quoi, les extra-terrestres existaient ? Il n’allait pas me dire qu’il en était un quand même ? Je réagis donc à peine quand mon collègue nous interrompit brutalement, accusant le suspect d’être un menteur qui se moquait de nous. Bien entendu cela mit fin au calme relatif dans la pièce alors que le prisonnier s’agita et se mit à crier. Ses remarques formulées sous le coup de la colère faisaient sens, aussi je me levai et parvins – non sans mal – à tirer l’inspecteur hors de la pièce. Je le coupai mon tour, avant qu’il ne passe sa rage sur moi, en lui disant : « Alors déjà, vous nous auriez pas dû nous interrompre en plein milieu. ». Le voyant sur le point de rétorquer j’ajoutai : « Oui, je sais. Je ne suis pas inspecteur. Mais ce n’est pas un suspect habituel. Vous pouvez penser qu’il joue la comédie, mais la vérité est qu’il y a trop d’anomalie dans son comportement pour croire qu’il est sain mentalement. Personne ne peut faire semblant à ce point. ». Je lui laissais quelques secondes le temps d’enregistrer l’information, puis je conclus : « Je sais que ça ne colle pas au protocole, mais si on le brusque il ne nous dira rien. Il vous a fait tourner en bourrique depuis des heures, il continuera. Alors que ça vous plaise ou non, on va jouer son jeu et voir ce qu’il sait. On a rien à perdre et tout à gagner. Les clés ? ». Je tendis la main en direction de mon collègue, en attente du sésame. J’ignorai encore si j’allais libérer le fou de ses chaines, mais je voulais être celui qui pouvait le faire. De mauvais grâce, je me fis donner ces clés, avant de retourner à l’intérieur, et de me rasseoir. Je remis la musique, autant pour me calmer moi-même que pour calmer mon invité, avant de dire : « Je dois avouer Mad, que je ne sais pas trop quoi pensez de ce que vous me dites, de vous-même d’ailleurs. Mon intuition me dit que ce n’est pas votre genre de vous en prendre à des enfants, mais pour l’instant les preuves ne vont pas dans ce sens. Vous m’avez dit parler en tant que scientifique. Soit. Et bien vous admettrez qu’en tant que scientifique je n’ai pas beaucoup de raison de vous croire pour le moment. Alors voilà ce que je propose pour le moment : vous me promettez d’être calme, de ne pas faire de gestes brusques susceptibles de nous inquiéter mes collègues et moi, et je vous enlève les menottes. Par contre je vous préviens : vous n’aurez le droit qu’à une seule chance. ». Pour le moment c’était le mieux que je puisse faire. Tout ce que je pouvais espérer, c’était que faire un pas dans sa direction le pousse à faire un pas vers la mienne, et qu’en nous rencontrant à mi-chemin, on parvienne à retrouver les enfants.

administrateur
avatar
Messages : 577
Voir le profil de l'utilisateur
Message() Mar 6 Mar - 23:58


give me problems! give me work!
zephir et madman

« My journey took me some what further down the rabbit hole than I intended and though I dirtied my fluffy white tail I have emerged, enlightened. »
Le fou semblait se complaire dans sa démence. Tantôt agité, tantôt calme, tantôt énigmatique, il était parvenu à un de ses buts avec ce psychologue : avoir son attention. Et surtout, le plus important, sollicité sa curiosité. Parce que ce qui allait suivre dépassait largement ce qu’il avait l’habitude de croiser dans les couloirs avec sa tasse de dopants. C’était bien au-delà d’un petit kidnapping. Il était tout à fait conscient dans sa folie qu’un enfant qui disparait, c’est mal. Alors tout une flopée, c’est un crime odieux. Que ce flic, ou psy –dans le contexte actuel, c’est du pareil au même-, ne se méprenne pas. Il ne voulait pas les aider de bases, mais c’est sa fidèle amie qui insiste et qui refuse de décoller tant qu’il n’aura pas aidé ces enfants. Sa chère et tendre âme qui le connaissait mieux que quiconque étant donné le temps passé avec. Elle savait qu’il avait une corde sensible. Que la perte avait suscité chez lui un certain attendrissement de sa part dès lors qu’un problème concernait des enfants. Aussi, maintenant qu’O’Brian avait enfin prononcé son nom (ce qui n’est pas sans dire que ce fût un gros caprice de la part de ce gamin avec le visage d’un adulte), il avait toute l’attention du fou. John Williams réalisait des merveilles avec sa composition, et on pouvait aussi le remercier car sans lui il n’aurait pas daigné à écouter. Madman, ou Mad pour les plus fainéants, commencé une introduction dans le plus grand des calmes en revenant sur les questions précédemment posées. Mieux encore, il allait directement au sujet qui l’intéressait : savoir si, oui ou non, il savait quelque chose à propos de ces disparitions en chaine. Un ton relativement calme, mais qui avait évolué avec une touche de prudence au fur et à mesure qu’il extrapolait ses propos en voyant la tête du psychologue en face de lui. C’est bien ce qu’il craignait, il n’allait pas le croire. Il aurait pu ranger ses cartes, refaire ses caprices et se montrer incroyablement insupportable pour avoir son passe vers la liberté, mais non. Parce que ce même fou sentait qu’il y avait quelque chose. Une forme d’osmose qui s’installait entre eux et qu’il était prêt à faire quelques concessions sur cette réalité terrienne. Il n’allait pas aborder tout de suite le point de ses origines extra-terrestres, sinon il avait de forte chance de le perdre en chemin. Mais alors qu’il s’apprêtait à continuer, une interruption le fit bouillonner. Automatiquement, il s’était rétracté dans son attitude d’auto-défense. Le fou était furieux d’avoir été interrompu, il déteste ceci. Alors quand la raison se trouve être des accusations grotesques venant de la bouche d’un idiot, il y avait tout pour le faire bondir de sa chaise et le faire aboyer. Il aboi, il aboi, furieux d’être traité de la sorte tandis qu’il venait clairement d’annoncer qu’il leur offrait son aide pour retrouver ces enfants. Allons bon, personne ne l’écoute ! Si. Si, il y avait bien quelqu’un qui l’écoutait et ce quelqu’un, c’était ce psychologue qui s’était interposé pour ne pas que la situation dégénère. Parce qu’il voulait l’écouter, ou parce qu’il voulait ses réponses. En soit, ces deux notions étaient très proches, mais avec une petite différence ; la sélection d’information pendant l’écoute. Sa tête s’était légèrement penchée sur le côté, observant la scène tout en se rasseyant sur cette chaise inconfortable. Il accumulait de nouvelles données, celle de ce comportement brave et il souriait. Le fou souriait, car cet homme lui plaisait et il était certain d’avoir trouvé le bon compagnon. Quoi de mieux qu’une enquête pour tisser de liens solides. D’une oreille attentive, il écoutait ce que les deux hommes se disaient derrière la porte (car non pour leur déplaire, mais il avait l’ouïe fine) et sitôt le binoclard était revenu dans la pièce, il avait affiché cette bouille faussement innocente, comme s’il n’avait rien entendu. « Vous aussi, vous appréciez ? » demanda-t-il avec un bref coup d’œil vers le téléphone qui avait recommencé à diffuser la musique. Pas de réponses, retour aux faits et une offre qui le fit lever les yeux vers le plafond. Son regard stagnait pendant quelques secondes, le temps d’un silence pour réfléchir. Une réflexion inutile, un débat avec lui-même pour rien puisque ce qu’il voulait, c’était de sortir d’ici. Pour le reste, il avisera. « Non en effet, ce n’est pas mon genre. Je m’appelle peut-être Fou, mais je m’en prends qu’à moi-même, c’est pour ça que je n’ai personne. Les gens me fuient ou m’accusent la plus part du temps. Et ils ont raisons. Je n’aime pas inclure des étrangers à mes conflits internes » avait-il entamé, le regard toujours rivé vers ce plafond comme une introduction à son je-m’en-foutisme. Faux, car il ne s’en fichait pas, loin de là. « Cependant … » Cependant quoi ? Cependant, il avait autre chose en tête. Il avait tendu ses mains, redescendu son regard pour le river vers ce psychologue. « Je pense que vous avez définitivement besoin d’un coup de main, que je suis resté seul pendant trop longtemps et qu’avoir de la compagnie à qui parler autre que mes murs ne me feront pas de mal. Alors soit je suis idiot, soit je suis fou, mais dans les deux cas, je ne suis pas certainement pas un ravisseur d’enfants et mon vaisseau refuse de décoller tant que je n’ai pas élucidé cette affaire qui, on ne va pas se mentir, va vous rendre aussi fou que moi à cette allure si je vous laisse seul face à de vilains ravisseurs à tentacules. Je ne promets rien pour les gestes brusques, j’ai la fâcheuse tendance à parler avec mes mains quand je m’excite et à donner des baffes accidentellement lors d’exclamation. Quand à mon calme, je vais tâcher de faire un effort mais je ne vous promets rien : je suis une pile électrique. Prêtez-moi une paire d’écouteur et votre téléphone, ça devrait faire l’affaire pour m’anesthésier. Vous me détachez et on va faire le plein de votre tasse ? Ça fait dix minutes qu’elle est vide et je vous sens déjà ralentit ».  Et enfin, un sourire sincère et illuminé était apparu sur le visage de ce noiraud dément qui peut être tantôt calme, tantôt excité.
(c) DΛNDELION
i'm only human
avatar
Messages : 40
Voir le profil de l'utilisateur
Message() Ven 9 Mar - 22:44

Give Me Problems ! Give Me Work !

ft. The Madman & Zephyr O’Brian.

A peine avais-je remis les pieds dans la pièce exigüe, que je notai que le calme était revenu, le départ de l’autre homme ayant visiblement des effets bénéfiques. Alors que je relançais la musique, une question s’échappa de la bouche de mon interlocuteur, voulant savoir si j’aimais cette musique. Je ne répondis pas, parce que je savais mon temps compté, et que je ne voulais pas le perdre, parce que je ne voulais pas en dire trop à cet homme qui avait déjà vu suffisamment de chose à mon sujet. Tant mieux s’il s’interrogeait à ce sujet cela signifiait qu’il ne pouvait pas totalement lire en mois. Et il fallait reconnaitre que ne pas être un livre complètement ouvert et toujours une bonne chose, encore plus pour un psy. Alors j’étais allé droit au but, lui faisant comprendre que j’avais fait assez de concessions, et que c’était son tour de faire des efforts. Après un silence qui laissa penser qu’il réfléchit sérieusement à la réponse, je sentis ma nervosité monter, me demandant ce qu’il allait bien pouvoir me dire. Après tout il avait bien prouvé qu’il pouvait se montrer imprévisible. A vrai dire j’aurais préféré une réponse rapide, signe de spontanéité. Mais peu importe au final, car j’avais déjà une idée de ce qui allait se passer. J’attendis donc presque patiemment, mes doigts pianotant au rythme de la musique qui s’entendait de mon téléphone. Finalement la réponse vint, confirmant mes paroles, ajoutant qu’il n’aimait pas inclure d’autres participants à ses propres conflits. Soit. Mais il l’avait dit en regardant le plafond, et je voulais observer ses yeux, y lire l’absence ou la présence d’une lueur de roublardise. Enfin son regard redescend vers moi, croisant le mien. Pendant qu’un « cependant » a passé la barrière de ses lèvres. Je me tendis, mes doigts arrêtant leurs mouvements tandis que j’attendai la suite. Ses mains menottées se tendirent vers moi mais j’y prêtais peu d’attention alors que je l’écoutais attentivement.

Ses mots qui se frayaient un chemin dans ma tête me laissaient perplexe. Besoin de compagnie ? Qu’est-ce que cela venait faire avec le fait de m’aider ? Je n’étais pas sûr d’apprécier la tournure que prenait la conversation, qui laissait entendre que le brun faisait une sorte de fixation sur moi. Pas qu’il n’était pas agréable à regarder, loin de là. Mais son état mental n’était pas forcément attirant. Enfin c’était faux. Il était fascinant, il fallait le reconnaitre, il détonnait en comparaison de l’humain lambda, et bien entendu cela m’intéressait. Mais ça ne serait pas sain. N’est-ce pas ? Bref il faisait naitre des sentiments mitigés en moi qui n’auguraient rien de bon me disait ma raison. Je la mis toutefois en sourdine, ayant décidé de me fier à mon instinct dans l’immédiat. Même si la balance recommença à pencher du côté de ma raison quand il m’annonça que son vaisseau refusait de partir tant qu’il n’aurait pas résolu l’affaire des enfants disparus, dont il n’était pas responsable. Il hésitait entre le fait d’être idiot ou fou avait-il dit ? La question ne se posait pas visiblement. Je le laissais toutefois continuer, par respect, peu importe l’état de son esprit, et parce qu’être interrompu le mettait dans tous ses états. En tout cas, peu importe la difficulté de cette affaire, je doutais qu’elle me laisse aussi fou que lui. Au final, il ne voulut pas me promettre de ne pas faire de gestes brusques parce qu’il avait tendances à parler avec ses mains : un détail que j’avais cru remarquer. Il ne me promit même pas d’être calme, même s’il me dit qu’il ferait des efforts. Il conclut en me proposant de lui passer des écouteurs et mon téléphone pour le maintenir apaisé et d’aller me chercher une autre tasse de café, prétendant que j’étais un peu lent.

Il y avait beaucoup de choses impossibles à croire dans son discours. Et pourtant, malgré tous ces mots, je sentais une part de vérité intrinsèque. Puis au moins je devais reconnaitre qu’il n’avait pas fait de promesses qu’il se savait incapable de tenir. Une forme d’honnêteté qui m’amena à réfléchir à la meilleure marche à suivre. Je doutais qu’on me laisse me balader avec le prisonnier les mains détachées dans le commissariat, surtout avec un téléphone en poche. Mon supérieur me tuerait, sans parler du fait que cela va à l’encontre de tous les protocoles. Même si le sourire sincère, presque enfantin de ledit prisonnier me donnait envie de tenter le coup. Me frottant la barbe, je lâchais un soupir, avant de reconnaitre que j’avais besoin de café en effet. Finalement je lui répondis : « Bien voilà ce qu’on va faire : je vous détache, mais vous restez tranquille. Je vais laisser ici mon téléphone avec la musique pendant que je vais chercher les écouteurs et une nouvelle tasse de café. A mon retour, je veux que vous me donniez un peu plus d’explications que ça sur la disparition des enfants et sur ce que vous proposez pour les retrouver. ». Je ne lui laissais guère le temps de répondre alors que je me levais, ma tasse dans la main. Avant de quitter la pièce, je lançai par-dessus de mon épaule : : « Et surtout, pas touche au portable. ». Bien entendu dès que je mis un pied dehors je me fis enguirlander tout le long du chemin jusqu’à la cafetière. Comment avais-je pu laisser un suspect détaché seul dans la salle d’interrogatoire ? Peut-être parce qu’il y avait des agents derrière le miroir sans tain pour le surveiller ? Je mis vite fin aux multiples reproches soulignant que de toute façon, nous n’avions rien à perdre d’agir de la sorte, et tout à gagner. Bon gré, mal gré, mes collègues durent reconnaitre que j’avais raison, et je revins dans la pièce fermée, tasse remplie et écouteurs en mains. M’asseyant je le regardais en disant : « Je vous écoute Mad, qu’est-ce que vous proposez pour les retrouver ces petits ? ». Plus nous perdions du temps, et plus ces enfants étaient en danger.

administrateur
avatar
Messages : 577
Voir le profil de l'utilisateur
Message() Sam 10 Mar - 12:40


give me problems! give me work!
zephir et madman

« My journey took me some what further down the rabbit hole than I intended and though I dirtied my fluffy white tail I have emerged, enlightened. »
Malgré cette interruption inopinée, le calme était revenu dans la salle, aussi relatif soit-il. Grâce à l’intervention d’O’Brian pour commencer qui avait calmé l’échauffourée en mettant l’auteur dehors. Mais aussi à la musique qui avait de nouveau adoucis les mœurs. Etant donné l’interruption inopinée, les effets de la mélodie étaient moindres sur le fou. Il ne somnolait plus, ne s’allongeait plus sur la table, mais il avait cessé de brailler et d’afficher cette mine agressive. Ce qui était en soit une belle avancée. Et puis, cela aurait été dommage qu’il s’endorme pendant que son interlocuteur lui fait une offre aussi alléchante. Il faisait mine de ne pas écouter, de ne pas être intéressé, ne serait-ce que pour nourrir le suspens inutile qu’il souhaitait mettre en place et allonger ainsi les secondes. Ce plafond était dégoutant, c’était un fait notable en se concentrant uniquement dessus. Son nez se plissait brièvement, preuve qu’il cherchait à faire du clair dans son esprit. Il avait bientôt ce qu’il souhaitait, ce n’était plus qu’une question de patience. Cependant, ce mot avait traversé la pièce, introduisant de manière inquiétante ce qui va suivre. Cependant, ce n’était qu’une fausse-piste, le noiraud donnant à la fois son accord sans promettre des choses dont il n’était pas sûr de réaliser. Ses poignets tendus en direction du psychologue, il attendait à la fin de sa tirade, l’air illuminé sur son visage. Pas celui inquiétant à la première entrée du psychologue, une toute nouvelle remplie de malice et d’une certaine impatience. Alors, demandaient ses yeux tandis que les lèvres de son interlocuteur s’ouvraient enfin pour prononcer le verdict. A chacun de ses mots, son sourire s’agrandissait et sa lueur de son regard se faisait de plus en plus brillante. Un clic, un clac, et le voilà libre. Libre de pouvoir étendre ses bras sans se déboiter une épaule. Libre de pouvoir masser ses poignets et s’étirer. « Oh merci, ça fait un bien fou. Je me sens libéré, délivré, je ne suis plus menotté ». Non, vous ne rêvez pas, il nous fait un remake miteux de la Reine des Neiges pour que vous ayez la chanson en tête pendant les quinze prochains jours. « Vous ne voulez pas que je vous accompagne à la cafetière ? Ce n’est pas prudent, hey ! …. ». Il était partit, et le fou avait à peine écouté sa consigne. Haussant brièvement les épaules, il avait saisi naturellement le portable du psychologue pour explorer son dossier photo, ses contacts, la musique qu’il possédait, les derniers messages reçus … Quoi ? Vous espériez sincèrement qu’il n’y touche pas. C’est un enfant ! Donnez-lui un ordre, et il fera exactement l’opposé. Et puis, c’était un peu insensé de lui laisser un moyen de communication sous la main. Il s’était adossé sur sa chaise tel un pacha, faisant une moue d’hésitation. Il analysait la grandeur de la pièce, ainsi que sa haute. Cela devait le faire, se disait-il intérieurement tandis qu’il se mit à chercher dans les poches de sa veste. Ce n’était ni celle de gauche, ni celle de droite, donc il devait être dans celle interne. Gagné, son tournevis sonique en forme de stylo plume avait fini par apparaître entre ses doigts et il avait dirigé celui-ci vers le téléphone. Un crissement avait émané pendant quelque seconde alors que son regard quelque provocateur se dirigeait vers la fausse-vitre où se cachaient surement ses surveillants. Le plus étonnant, c’est qu’ils ne bougeaient pas. Sans doute trop occupés à se questionner sur ce qu’était en train de faire le fou. Puis, il avait changé la musique et il se mit à pianoter sur le téléphone. Dans la foulée, le psychologue était revenu avec une paire d’écouteur et une tasse de café pleine. « Je vous propose de finir votre café, elle ne devrait plus tarder à arriver maintenant. Ah et, je me suis permit de vous emprunter votre téléphone pour l’appeler. Je sais où ils sont, je vous suggère donc d’aller les chercher ». Une notification venait de retentir au moment où il avait terminé sa phrase. Ce que Miss pouvait être adorable quand elle lui écrivait. Il n’avait pas eu le temps de répondre qu’un grognement mécanique si particulier avait retentit dans la pièce et que les papiers se mirent à apparaître. Se matérialisant petit-à-petit, la Cadillac légèrement réduite pour rentrer était apparue dans un brouhaha surréaliste. « Toujours à l’heure Miss, je t’adore. Tu vas être contente, je nous ai trouvé un nouvel ami. Et j’ai accepté ta fichue enquête. Gardes le moteur chaud, on y va ! » Son enthousiasme rendait le personnage rayonnant tandis qu’il avait attrapé les écouteurs et le psychiatre pour le pousser en direction du coffre. « Surtout, faites attention à la marche en entrant, je n’ai pas pris le temps d’arranger ça. MESSIEURS ! Bienvenue dans MA réalité. Comme dirait le capitaine Jack Sparrow : souvenez-vous de ce jour où vous avez failli capturer le capitaine Mad ! » Il s’était mis à rire aux éclats, poussant O’Brian dans le coffre. Ou du moins, à l’intérieur de son TARDIS. Environnement beaucoup plus grand à l’intérieur qui rayonnait de couleur tout droit sorti de la chambre de Gryffondor. Le sablier au centre affolait les secondes et le fou s’était précipité sur les commandes centrales pour faire de nouveau décoller sa Cadillac. « Direction, la face cachée de la Lune…» annonça-t-il pour dire à son “invité” où ils allaient à présent.
(c) DΛNDELION
i'm only human
avatar
Messages : 40
Voir le profil de l'utilisateur
Message() Dim 8 Avr - 20:26

Give Me Problems ! Give Me Work !

ft. The Madman & Zephyr O’Brian.

Une fois que mon prisonnier se retrouva libre, j’eus le droit à une musique Disney que même pas j’arrivais à replacer. Si ce n’était pas pour le stress à l’idée du savon que j’allais me prendre et le manque de caféine, j’en aurais sans doute souri. A la place je me dépêchais d’aller chercher ma ration de survie en vitesse, tout en l’avertissant avant de sortir, ignorant sa proposition de le laisser m’accompagner. Ce qui en serait pas prudent, ce serait qu’il vienne avec moi, pas l’inverse. Mais nous avions perdu trop de temps déjà, et je ne voulais pas en perdre plus en argumentant sur le sujet. A mon retour, une tasse fumante dans la main, je ne pus que constater que mon téléphone se trouvait entre les mains de Madman. Je retins une remarque agaçant, admettant que j’étais fautif, ayant attiré plus que nécessaire l’attention sur l’objet. Mais si je n’avais rien, est-ce qu’il n’aurait rien fait pour autant ? En fin de compte, il aurait fallu que je suive le protocole et prenne l’engin avec moi, mais je n’avais pas eu le cœur à le privé de musique. Bref c’était une situation inévitable semblait-il. Je repris donc comme si de rien n’était, un œil rivé sur mon téléphone sur lequel le brun tapotait. Ce dernier, au lieu de répondre à ma question, m’annonça qu’il s’était permis de m’emprunter mon téléphone. Ah c’était donc pour cela qu’il l’avait entre les mains ? Je pensais que mon portable avait décidé de sauter de la table directement entre ses doigts. Il m’annonça ensuite s’être permis d’appeler quelqu’un. Une « elle » qui n’allait pas tarder à arriver. Avec agacement, je réfléchis à comment j’allais remettre cet énergumène sur la conversation qui m’intéressait en portant ma tasse à mes lèvres. Un grondement se fit entendre, me figeant sur place, le liquide amer encore dans la bouche. Lentement une voiture ancienne réduite commença à apparaitre dans la pièce, me faisant recracher mon café. Qu’est-ce que … ? Mon cœur battant à tout allure, mon cerveau tâchant de comprendre ce qui se passait, j’observai d’un regard un peu vide la voiture qui prenait presque tout le place, enregistrant à peine les paroles du fou – à moins que le fou ce ne soit moi à cet instant ? – près de moi.

A qui diable parlait-il ? Qui était cette Miss ? Et comment ça un nouvel ami ? Ce n’était quand même pas de moi qu’il parlait si ? Parlait-on de la même enquête que la nôtre ? Attendez, ses moteurs au chaud ? Il parlait à sa Cadillac ? ET BON SANG Y AVAIT-IL VRAIMENT UNE CADILLAC DANS LA SALLE D’INTERROGATOIRE ? Avant d’avoir pu poser la moindre des questions qui me passaient par la tête à voix haute, une secousse me fit avancer, avant que je ne réalise que notre suspect ; peut-être pas si fou que ça, me poussait vers l’arrière de la voiture tout en me disant de faire gaffe à la marche. Faiblement je demandais sans réfléchir : « Quelle marche ? ». Mais Mad ne m’écoutais déjà plus alors qu’il balançait une citation de Jack Sparrow – un autre type sain d’esprit celui-là aussi – tout en me poussant dans le coffre. Je retins de justesse un petit cri peu viril en trébuchant et en tombant. Mais en me relevant, ce n’était dans une voiture que je me trouvais mais autre chose. Mon regard analysa la pièce alors que je tournai sur moi-même, bouche bée. Au centre trônait un énorme sablier, autour duquel tout un tas de commandes et d’instruments se trouvaient, le tout dans des tons chauds, plus accueillants en fait. Puis le fou s’exprima une nouvelle fois m’annonçant que nous allions sur la face cachée de la Lune. Je restais silencieux un moment, tâchant d’assimiler ce qui m’arrivait. A mon grand regret, ma tasse de café s’était renversée au sol, et il ne restait qu’un fond que je bus prestement histoire de remettre mon esprit d’aplomb. Vœu pieux. Mon agacement laissa quand même un peu place à la fascination alors que la réalité de ce que je vivais me frappa en pleine figure. Je m’avançais doucement, touchant avec précaution les murs ou meubles sur mon chemin alors que je rejoignais Mad. Un peu hésitant, j’énonçai lentement : « Alors … on est dans votre voiture là ? ». Puis soudain suspicieux, j’ajoutai : « Quelqu’un a mis une drogue dans mon café c’est ça ? ». Alors que je remontai chronologiquement la journée pour essayer de me rappeler si quelque chose avait laissé présager de quoi que ce soit, je me rappelais soudainement l’histoire des gosses disparus. « Tant qu’on y est, avant que je vous pose dix milles questions sur Miss, cet endroit, la raison pour laquelle on vous a chargé d’une enquête, et bien d’autres choses, j’aimerais savoir un truc : en quoi aller sur la Lune va nous aider à retrouver des enfants disparus sur Terre ? ». Dans ce délire complet, je me raccrochais à tout ce qui ressemblait à de la lucidité. Et mon travail – enfin pas exactement mon travail, mon ex-travail plutôt – était une bonne façon de rester lucide. Je gardais donc en tête cette histoire d’enlèvement, fil conducteur de ma santé d’esprit.

administrateur
avatar
Messages : 577
Voir le profil de l'utilisateur
Message() Mar 10 Avr - 23:24


give me problems! give me work!
zephir et madman

« My journey took me some what further down the rabbit hole than I intended and though I dirtied my fluffy white tail I have emerged, enlightened. »
Il a gagné et cela le faisait tressaillir de joie et d’excitation. D’où sa bonne humeur, son petit sourire en coin, ses yeux illuminés et remplis d’une étincelle de malice. Pauvre psychiatre, quelle erreur il venait de commettre ! Pour un ancien flic, c’est assez cocasse. Il ne se souvient pas d’une telle méthode dans la police. Oui, quelques messages traînaient dans une fenêtre de conversation venant d’un ami nostalgique sans doute. C’est fou comme un téléphone pouvait en dire long sur quelqu’un. Il n’y avait pas que les photos ou les vidéos qui pouvaient en dire long. Les applications étaient un indice sur le train de vie, les sms reçus le point de vue d’autrui sur son propriétaire. Le brun avait tout du détective, mais il était trop occupé à flâner parmi les étoiles. Et puis, elles étaient beaucoup moins bavardes. Le silence intergalactique, la beauté de l’univers, les couleurs d’une nébuleuse … Ça valait largement une petite enquête sur Terre. Cependant, être aussi fan et aussi méprisant pour son modèle lui avait appris une chose : tous les petits détails comptent. C’est pour cela qu’il en avait sans cesse dans la tête, encore et encore, à accumuler des choses que le commun des mortelles jugeraient inutiles. Un amas de petite poussière qui donnait un voile crasseux, et d’affreuses migraines. Son rythme pressé quand il parle l’aider quelque part à y voir plus clair. A tracer son chemin dans le torrent que représentait son esprit et toutes les idées -plus ou moins brillante- qui le traversaient. Comme par exemple, couvrir l’apparition de Miss dans la salle d’interrogatoire. Elle était tellement mignonne avec quelques centimètres de moins pour passer, ça lui donnait des allures de jouet en plastique. Version XXL ! Mais voilà, ce brouhaha de frein à main qu’on aurait oublié d’enlever, ces papiers volants dans la salle sous la puissance de son souffle, cette apparition soudaine. Tout ceci allait alerter tous ces braves gens autour d’eux qui allaient devoir avaler la pilule. C’est qu’elle était balaise quand même, il était quasi certain qu’ils n’avaient pas prévu tout ceci. Il l’entrainait, il poussait le psychiatre à l’intérieur. Dans notre langue, on appellerait ça un kidnapping, mais Mad avait plutôt tendance à nommer ceci une aide pour surpasser la surprise. Pas besoin de répondre au sujet de la marche, il avait déjà la solution. De manière un peu brutale, c’est accordé, mais le Seigneur du Temps passait à côté l’air de rien. Ou du moins, l’air de ne rien avoir vu. Ses pas étaient beaucoup plus décidés. Dans sa démence, il avait l’air d’un prince. Cette fois-ci, les rôles étaient inversés, c’était son vaisseau, ses règles ! Il était le maître des lieux et en tant que tel, il devait se tenir et affirmer sa prestance folle. Il lui faisait dos, de toutes façons il n’avait rien à craindre. Il était chez-lui, et son chez-lui obéissait au doigt et à l’oeil à ses ordres. Quoi de plus normal pour une machine directement connectée à son esprit. “C’est exact !” Avait-il enfin annoncé dans une volte-face pour se mettre face à son invité, les bras tendues vers lui. Il avait fini par joindre ses mains dans un éclat de rire en entendant ses mots. “Alors ça, je n’en sais rien, vous n’avez pas voulu que je vous accompagne. Mais si ça peut vous rassurer, vous ne rêvez pas ! Et je ne vous ai certainement pas drogué, je ne vois pas quand j’aurais pu le faire ! Je suis The Madman, Seigneur du Temps de la planète Gallifrey. J’ai 520 ans et vous vous trouvez actuellement à l’intérieur de mon TARDIS. Une machine qui, je pense que vous l’avez largement remarqué, est beaucoup plus grande à l’intérieur. Si grande que moi-même, je n’ai pas encore visité toutes les pièces. Mais sa dimension n’est pas seulement son seul atout ! Elle est aussi capable de voyager dans le temps et l’espace. C’est pour ça que vous avez besoin de mon aide, parce que vos mini-terriens sont sur la face cachée de la lune. Allez donc vous trouvez une tenue d’astronaute dans ce coffre là-bas. Il doit en avoir une à votre taille. Jusqu’à preuve du contraire, vous avez besoin d’oxygène, et il n’y en a pas sur la lune”. Le fou se mit à tourner autour de la console centrale, relevant et baissant certaine manette, peaufinant les derniers réglages avant les grosses secousses qui témoignent d’un décollage et d’un vaisseau en mouvement. De nouveau, ce bruit de frein à main oublié sur l’autoroute, et un Mad qui riait aux éclats. “Je vous l’ai dis, on va les chercher !” Le sourire qui lui tranchait le visage en deux était aussi dément que sincère. Il était heureux, vraiment heureux de pouvoir partager une petite expédition avec quelqu’un. Ne serait-ce que pour voir son visage se décomposer petit-à-petit de stupeur pour être reconstruit par l’émerveillement. Quand les secousses se sont arrêtées, le brun s’était remit à tourner autour de la commande pour faire l’exact inverse afin de stabiliser le vaisseau. “Huit villes. J’ai visité huit villes, et le même signalement a été fait dans chacune d’entre elles dont Londres. Des enfants qui disparaissent, aussi choquant est-ce, cela arrive tous les jours. C’est ce qui permet de mettre un os à ronger à vos médias. Mais des enfants qui se volatilisent dans une ruelle sans issue, ça … Ça m’intéresse un peu plus. Le TARDIS a reçu le signalement de chacune d’entre elles et on en dénombre douze au total. Douze avec le même lieu, le même mode opératoire. Le douzième était à Londres. J’étais en train de scanner la ruelle quand vos collègue m’ont attrapé par la peau des fesses pour me menotter et me coller dans cette … Salle. Cependant, je ne faisais que gagner un peu de temps. Parce que pendant que nous papotions, Miss était en train de récolter, décortiquer et calculer la destination des téléporteurs avec les nanoparticules que j’ai sondé sur le terrain ainsi que les données récoltées. Il y a des infrastructures souterraines, des espèces de bloc provisoires dans chacune des villes que j’ai visité. Un peu comme vos tentes militaires quand vous allez en mission, sauf que là, c’est du matériel de pointe pour la recherche scientifique. Ils leur fallaient sûrement des cobayes. Ça doit être pour ce dernier point que Miss savait que je n’allais pas ignorer ou refuser cette enquête. Parce que cela toucherait ma corde sensible.” Enfin il s’arrête et il regarde son invité démuni et sûrement assommé avec tout ce qu’il venait de lui dire. “Navré d’avoir pris un peu d’avance mais que voulez-vous, c’est l’avantage des voyages temporelles. On sait jamais si on va être en retard ou en avance. Vous n’êtes toujours pas changés !? Allez, dépêchez-vous !” Le fou avait tapé dans ses mains pour le presser un peu -comme s’il n’était pas suffisamment chamboulé comme ça le pauvre- et il s’était empressé de se rendre au même coffre qu’il avait désigné pour enfiler sa tenue et son scaphandre. Bon, que le psychiatre ne rougisse pas, mais il n’a aucune pudeur. En même temps, quand on sait que son espèce change d’apparence à chaque “mort”, il est normal que le corps -et de fil en aiguille la gêne- soit quelque chose d'abstrait. Et oui, il s’est mit à poil sans rancune et en toute insouciance parce que le costume avec une combinaison, c’est pas ouf. Il avait bouclé sa ceinture et régler ses bonbonnes de gaz comme il le faisait tous les jours. Il avait même pris une lampe torche, sans oublier son fidèle tournevis sonique, avant de revenir vers le psychiatre pour l’aider avec son matériel. “Ne retirez pas votre casque tant que je ne vous dis pas de le faire, respirez calmement pour économiser votre oxygène et tâchez de ne rien faire de stupide. L’espace est magnifique, mais impitoyable Zéphyr. Je vous empêche pas de prendre des photos cela dit, ce n’est pas tous les jours qu’on va sur la Lune. Enfin moi si, quand ça me botte, mais vous non je suppose. Aller, en route, Opération Tom Sawyer”. Sitôt dit, sitôt fait, le fou avait enfilé son casque et il avait ouvert la porte du TARDIS. Il s’était écarté, laissant la voie libre au psychologue pour qu’il soit le premier à voir le sol lunaire et l’immensité de l’espace qu’il y avait en guise de ciel.
(c) DΛNDELION
i'm only human
avatar
Messages : 40
Voir le profil de l'utilisateur
Message() Jeu 24 Mai - 7:54

Give Me Problems ! Give Me Work !

ft. The Madman & Zephyr O’Brian.

Dans cette hallucination un peu trop réelle à mon goût, il y avait une chose dont j’étais certain, c’était de la joie pure qui animait mon kidnappeur – parce que oui j’ai été kidnappé ! – visible sur ses traits illuminés, une expression qu’on voyait rarement sur le visage d’un adulte. Ce qui lui donnait un air presque innocent, voire inoffensif. Le problème était que les apparences pouvaient être trompeuses. J’avais donc bien du mal à cerner ce personnage, tantôt colérique, tantôt rêveur, tantôt surexcité, tantôt complètement ravi. Le terme excentrique le définissait particulièrement bien, sans être péjoratif. Malheureusement je n’avais pas le temps d’essayer de le psychanalyser – sans compter que ce n’était pas vraiment ma spécialité – puisque qu’en ce moment même – outre le fait qu’il ne me laisserait sans doute pas faire – la vie d’enfants était en jeu. Enfants qui d’après lui étaient sur la Lune. Ce qui voulait dire que nous serions dans un appareil capable de se rendre dans l’espace. Et rien de moins qu’une Cadillac en prime. Mon cerveau se braquait avec force contre ce qu’il considérait impossible, et j’avais bien du mal à réfléchir correctement. Il fallait que je détermine si c’était vrai ou non. Mais d’un autre côté, qu’est-ce qui pourrait me convaincre que les dires de Mad étaient vrais ? Après tout on m’avait poussé dans le coffre d’une voiture et je m’étais retrouvé instantanément dans un lieu inconnu – et qui n’était pas un coffre de voiture. Et même comme ça j’arrivai à tout remettre en question. J’avais de faire correspondre ce que j’expérimentais avec ma définition de la réalité. Même si dans l’immédiat n’importe quelle explication que je pouvais proposer avait de sérieuses failles. Une blague de mes collègues ? Ils n’auraient jamais mis autant de temps ou de moyens dans ce genre de futilités. Drogue ? Je ne ressentais pas les effets alors j’en doutais. Une perte de mémoire partielle suite à un coup à la tête ? Je n’aurais pas l’impression que tout s’enchainait, j’aurais eu au moins l’impression d’un vide dans mes souvenirs – sans compter que je n’ai pas de bosse. Bref, la seule façon de rester lucide et de ne pas finir par me taper la tête contre les murs était de me concentrer sur la chose la plus importante dans l’immédiat : sauver les gamins disparus.

Je posais donc certaines des questions qui m’avaient traversé l’esprit. Après m’avoir confirmé que nous nous trouvions dans son véhicule, il me fit savoir qu’il ne pouvait pas savoir si mon café était drogué vu qu’il n’était pas sorti de la salle d’interrogatoire. Alors qu’un semblant de normalité transparaissait dans ses mots, soudainement ce fut à nouveau le grand n’importe quoi. Seigneur du Temps ? Planète Gallifrey ? 520 ans ?! TARDIS ? Il n’en fut pas plus pour que je sois perdu à nouveau. Heureusement il enchaina sur des explications sur son TARDIS, alias la Cadillac. Plus grande à l’intérieur qu’à l’extérieur, on aurait presque pu croire à une voiture aménagée magiquement dans Harry Potter, sauf qu’apparemment cette histoire comprenait des extraterrestres et des voyages sur la Lune. Plutôt SF que fantastique donc. Je retins un grognement d’agacement, serrant la mâchoire alors que les éclaircissements – enfin je n’avais pas vraiment l’impression d’être éclairé à cet instant – continuèrent sur le fait que l’appareil pouvait en plus voyager dans l’espace, voyager dans le temps – la Cadillac faisait donc office de Retourneur de Temps ? Heureusement la conversation revint rapidement sur les petits qui ont été enlevés, alors que Mad me fit remarquer que j’allais avoir besoin d’une combinaison spatiale. Quoi, il n’avait pas d’appareil qui générerait un champ de force avec de l’air à l’intérieur ? J’étais presque déçu, ce qui manqua de me faire sourire temporairement avant que je ne reprenne mon sérieux. Finalement c’était peut-être moi qui devenait fou en fin de compte. Des tremblements des lieux – du Tardis – faillirent me faire tomber, mais je parvins à me retenir à une proéminence quelconque – une barre, un meuble ? – que je ne pris pas la peine d’identifier. Après avoir retrouvé je me dirigeais vers le coffre mentionné, plus par curiosité qu’autre chose, essayant d’en savoir plus de la part de Mad – ou The Madman de la planète Gallifrey, plutôt bien conservé pour ses 520 ans – sur le ravissement des « mini-terriens » comme ils les appelaient. Il m’annonça tout d’abord qu’on allait les chercher avec un sourire radieux – tant mieux si ça le mettait de bonne humeur – avant de m’expliquer plus en détails l’affaire.

Il m’apprit que ce genre de disparitions, qui ne relevaient pas de simples kidnappings habituels – ceux qui donnaient du grain à moudre à nos médias parait-il – avaient eu lieu dans huit villes différentes, Londres compris. J’étais un peu sceptiques sur le fait que ces affaires étaient reliées. Si ce n’était que j’étais dans un vaisseau spatiale couplé à une machine à remonter le temps. Du coup je supposais que ces histoires étaient belles et bien liées. En tout cas son Tardis avait reçu douze signalements de ces disparitions, et c’était la raison de sa présence sur les lieux de l’enlèvement, alors qu’il essayait d’en savoir plus. Est-ce qu’il était enquêteur ? Seulement les normes terriennes, il ne le serait pas. Trop instable pour avoir une mission officielle. Sauf qu’apparemment il n’était pas terrien, alors c’était possible. D’ailleurs le reste de son débriefing me rappela sa nature non humaine alors que les mots « téléporteurs » ou « nanoparticules » suivirent. Oui j’étais encore sceptique, j’avais un mal fou à croire à ce qu’il me disait, quand bien même les circonstances étaient en sa faveur. Des infrastructures souterraines avec du matériel de recherche scientifiques ? Un nœud me noua le ventre à l’idée de ce que ces enfants pouvaient être en train de subir à l’heure actuel. Ce fut un véritable coup de boost pour ma motivation, décidant que changer ma façon de voir le monde pouvait attendre plus tard et que je ferais avec ce qui venait. La priorité était ces jeunes innocents quoi qu’il arrive. Peu importe donc que Miss – qui était le nom de la Cadillac qui était le Tardis aka le vaisseau spatial machine à voyager dans le temps – décide de filer des missions à son pilote – était-ce même le terme adapté ? Même si je notais dans un coin de ma tête le fait que des expériences faites sur des enfants touchait la corde sensible de l’homme qui m’avait trainé jusqu’ici. Clairement c’était à mettre dans la même boite que le fait qu’il avait eu un docteur lâche. Pas étonnant qu’il ne soit pas totalement sain d’esprit, dans ces conditions.

Quelques secondes plus tard, je me fis remonter les bretelles parce que je n’avais toujours pas enfilé de combinaison. Avec agacement je lui fis savoir : « Non je ne me suis pas changé, j’essayais d’assimiler au moins l’essentiel de tout ce que vous m’avez dit. ». Alors que le brun me rejoignit pour ouvrir le coffre, j’ajoutai : « Pourquoi … Miss vous a envoyé des données sur les enfants disparus, vous êtes une sorte d’enquêteur ? ». J’en doutais mais bon je voulais en être sûr. Je le regardais sortir une combinaison et fis de même, tout en continuant : « Et si vous pouvez voyager dans le temps, pourquoi vous n’êtes pas reparti avant les kidnappings pour les empêcher d’avoir lieu ? ». Question légitime après tout, il valait mieux prévenir que guérir non ? Je le regardais se mettre nu avant d’enfiler la combinaison, et j’haussai les sourcils, momentanément distrait. Etait-ce la version extra-terrestre de s’habiller commando ? Pas que ça me dérange, mais j’étais presque sûr que les terriens, eux, gardaient leurs vêtements sous la combi. Je ne me débarrassai donc uniquement de la veste, gardant mon pantalon et ma chemise et me débattant avec l’équipement dont je n’avais pas du tout l’habitude. Heureusement Mad vint me filer un coup de main, me donnant des conseils d’importance vitale, comme ne pas enlever son casque. Je lui jetai un regard agacé sans même répondre. Comme si j’avais besoin qu’on me le dise. De toute façon mon attention fut vite détournée alors qu’il me fit savoir que je pouvais prendre des photos, puisque contrairement à lui, je n’avais sans nul doute pas l‘habitude de me rendre sur la Lune quand j’en avais envie. Un soupir s’échappa de mes lèvres alors que je me demandais brièvement ce que j’avais fichu pour mériter ça. Comme si j’allais jouer les touristes alors que nous venions sauver des enfants. D’ailleurs à ce propos : « Alors premièrement, pourquoi opération Tom Sawyer ? Et deuxièmement je suis certain que vous ne m’avez rien de votre plan pour cette opération. Vous avez un plan n’est-ce pas ? ». Je craignais de connaitre la réponse, une réponse qui ne me plaisait pas. Mais c’était lui qui avait un vaisseau spatial, et comme je ne pouvais pas laisser la vie d’innocents entre les mains de cet inconscient, je le suivis malgré tout. Enfin il me laissa plutôt passer devant, alors que je restai bouché bée devant le paysage. Avec précaution je mis un pied après l’autre en dehors du Tardis, sentant d’un coup la gravité changer. Je retins de justesse un bruit de gorge, gémissement ou grognement, je ne savais pas, me retournant face … et bien face à une Cadillac noire. Perplexe, je secouai ma tête qui aurait dû être alourdie par le casque, mais que la faible gravité allégeait. Silencieux un long moment, je finis par me reprendre. Je n’étais pas un touriste, il ne fallait pas oublier. « Par où va-t-on ? ».
Contenu sponsorisé
Message()

 
(zephyr) give me problems! give me work!
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» I'LL GIVE YOU ANYYYYYYYYYTHING, I'LL GIVE YOU ANY RING.
» Get up and never give up... [PV Raphaël]
» give me a reason to trust you ★ ft. marcus.
» TRISTAM ✎ nobody can give you equality, or justice, or anything. if you're a man, you take it.
» Thomas ♠ Never give up on life

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Wibbly Wobbly Timey Wimey :: Pieds sur Terre :: Londres :: Westminster (QG de Torchwood 1)-
Sauter vers: